<< Je suis cinéaste de formation, mais les réalités économiques et la politique culturelle de mon pays rendent la production de longs métrages très difficile >>

Entretien réalisé le 30 novembre 2024 lors du cocktail d’hommage rendu à Fatoumata Coulibaly, dite FC, pour ses deux trophées remportés aux Sotigui Awards 2024 pour son rôle dans le film Taane, Alioune Ifra N’Diaye, l’architecte du film, dans les colonnes du Journal du Cinéma et de la Télévision.

Comment le film Taane a-t-il vu le jour ?

La genèse de Taane repose sur un processus minutieux et exigeant, allant de l’écriture du scénario au casting, en passant par la mise en place de la production. L’équipe derrière le projet a suivi les mêmes étapes que les grandes productions de longs métrages, mais avec une ambition singulière : présenter une vision positive de l’Afrique et mettre en lumière un citoyen moderne, un modèle pour les générations à venir.

Ce pari audacieux a nécessité des efforts colossaux. « Nous avons voulu aller au-delà des clichés habituels et proposer une Afrique qui inspire », explique le réalisateur. Le résultat final reflète cette détermination et dépasse les attentes initiales.

Une interprétation saluée unanimement

L’un des points forts de Taane réside dans l’interprétation magistrale de son actrice principale, FC, reconnue par ses pairs comme la meilleure actrice de l’Afrique de l’ouest. Cette reconnaissance renforce la fierté de l’équipe et consacre le film Taane comme une œuvre majeure dans le paysage cinématographique africain.

Un premier long métrage à succès : quel est le secret ?

Pour le réalisateur, la concrétisation de ce projet relève presque d’un exploit. « Je suis cinéaste de formation, mais les réalités économiques et la politique culturelle de mon pays rendent la production de longs métrages très difficile », confie-t-il.

Plutôt que de se décourager, il s’est investi dans d’autres formes de création artistique, telles que le théâtre classique, les comédies musicales et les émissions de télévision. Ces expériences ont enrichi son savoir-faire, notamment en dramaturgie et en écriture, et ont permis à Taane de voir le jour.

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L’avenir après Taane : une suite en préparation ?

Malgré le succès de Taane, l’avenir cinématographique du réalisateur reste incertain. « Mon objectif initial était de réaliser un long métrage avant tout, pour honorer ma formation et mon parcours. Maintenant que c’est fait, je ne sais pas encore si je réaliserai un autre film », avoue-t-il. Cependant, l’enthousiasme du public, qui réclame une suite, pourrait bien le pousser à poursuivre l’aventure, si les moyens financiers nécessaires sont réunis.

Vers une collaboration franco-malienne dans l’audiovisuel

En parallèle, Alioune travaille sur un projet ambitieux : mettre en place une école de cinéma au Mali en partenariat avec le CIFAP, un centre de formation professionnelle en audiovisuel numérique basé en France. Formé et devenu formateur au CIFAP, il souhaite apporter cette expertise dans son pays natal.

« C’est un projet à long terme, mais nous espérons qu’il aboutira dans les prochaines années », explique-t-il. Cette initiative pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour le cinéma malien et africain en général.

Avec Taane, Alioune Ifra N’Diaye, promoteur du centre culturel BlonBa, ne se contente pas de réaliser un rêve personnel. Il pose les bases d’une réflexion plus large sur l’avenir du cinéma en Afrique et sur la manière dont celui-ci peut servir de miroir et de moteur pour des sociétés en quête de modèles positifs et inspirants. 

Malick SANGARÉ

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